“Citez-moi 3 qualités et 3 défauts de votre personnalité.”
Vous êtes en entretien de recrutement. Jusqu’ici tout va bien, puis arrive THE question.
La question bateau, la question qui fait flipper, la question casse gueule de l’entretien de recrutement.
Vous savez que le recruteur va la poser.
Le recruteur sait que vous l’avez préparée.
Vous allez prendre un air inspiré et faire semblant de réfléchir.
Un silence, une grande inspiration et plouf, vous vous jetez à l’eau :” Alors mon défaut, c’est de manger trop de crocodile Haribo”. Sauf que dans la vraie vie on ne peut pas dire ça (même si c’est vrai ?)
Cette question, cette partie de l’entretien est un vrai exercice de style.
Qu’on parle de qualité, défauts, points, forts, points d’amélioration, peu importe. Dans tous les cas c’est le passage où l’on parle de vous.
Pas de vos compétences professionnelles, mais de votre vous intime, votre personnalité, votre sensibilité.
Et ça c’est difficile.
Cette question mérite vraiment une bonne préparation car elle peut faire la différence si votre réponse sort du lot.
En même temps, c’est aussi l’occasion de faire le point sur sa relation à l’autre et ça, ça ne fait jamais de mal !
Pour répondre à la question des qualités et défauts en entretien, la règle d’or est simple : choisissez des qualités en lien direct avec le poste, illustrez-les par une réalisation concrète, et présentez vos défauts comme des axes de progression assumés — jamais comme des aveux de faiblesse. C’est un exercice de connaissance de soi autant que de communication. Et ça se prépare.
Vous préparez un entretien après 50 ans ? Retrouvez aussi nos conseils sur comment parler de vos qualités en entretien quand on est senior et notre guide pour refaire son CV à 50 ans.
Pourquoi le recruteur pose cette question ?
L’objectif du recruteur est de savoir si vous matchez avec le poste.
Est ce que vous avez les compétences nécessaires ? Est-ce que votre personnalité va s’intégrer à l’équipe ?
Quelle est votre motivation ? fiabilité ? potentiel d’évolution….
Il doit évaluer le bénéfice / risque qu’il prend à vous embaucher. Ce n’est pas vous qu’il juge mais l’adéquation des aptitudes qu’il perçoit chez vous au poste qu’il a à pourvoir.
Le recruteur sait que vous avez préparé la question, donc inutile d’avoir l’air de réfléchir à un horrible défaut pour sortir l’inavouable : “je suis perfectionniste” ou “je suis exigeante avec moi même et avec les autres”. Tellement de gens le sortent que ça devient presque comique.
Sortez du lot en ayant préparé une belle réponse, qui parle bien de vous et montre que vous vous connaissez.
C’est beaucoup plus rassurant pour votre interlocuteur qu’une réponse quasi toute faite. Et ça démontre déjà votre investissement dans la préparation de cet entretien.
Souvent, pour l’avoir expérimenter en tant que recruteur, quand on pose cette question, le candidat, déjà stressé ce qui est compréhensible, se met en position d’enfant. Comme si, dès qu’on parle de défauts, ça nous ramenait sans une relation parent/enfant (#mechantefille). ?
Alors soyez vigilant à votre posture et au ton de votre voix quand vous répondez à cette question.Vous êtes un adulte qui s’adresse à un autre adulte. Lui aussi a des défauts !
Parler de ses qualités en entretien
Je commence par les qualités car je suis sûre que vous vous dites que c’est le plus facile.
Sauf si vous êtes persuadée d’être la plus nulle sur terre (mais là c’est mal engagé pour le reste de l’entretien ?).
Donc les qualités semblent plus faciles.
Il faut, bien sur, qu’elles soient en rapport avec le poste visé.
Vous allez décrypter et analyser l’offre donc vous devez connaître les qualités attendues pour ce poste. A partir de ces qualités, faite le lien avec les vôtres
Pour montrer au recruteur que ce sont bien vos qualités et non pas une récitation des qualités du poste, vous pouvez les illustrez par une anecdote ou une réalisation (mais pas pendant 10 minutes ?).
Mais méfiez-vous de vos qualités!
Pourquoi ?
Quand le recruteur aborde cette question, il a en tête les qualités et les défauts des collaborateurs en lien avec le poste pour lequel il recrute. Les personnes qui sont déjà dans l’entreprise, dans l’open space et qui ont noué des relations.
Donc sa question vise à savoir comment vous allez vous intégrez dans ces relations.
Vous évoquez une qualité, par exemple : “je suis bien organisée”
Le recruteur peut imaginer qu’en situation de stress pour vous, quand cette qualité est poussée à l’excès, elle se transforme en “je suis maniaque”.
Et ce côté “maniaque”, dont vous n’avez pas parlé, on est d’accord, peut être une allergie forte chez votre futur N+1 par exemple.
Du coup, cette belle qualité que vous êtes fière d’annoncer après moultes hésitations, et bien, elle peut devenir le truc qui va bloquer le recruteur. Arghhh…
Donc quand vous préparez votre entretien, posez-vous la question de ce que devient votre qualité quand elle est dans son excès.Et ensuite, ce que vous pouvez mettre en oeuvre comme autre qualité pour tempérer cet excès.
Si je reprends mon exemple, ma qualité “organisée” peut se transformer en “maniaque” quand je suis en stress. Par ailleurs, je suis quelqu’un de “tolérant”.
Décryptage : je ne pourris pas la vie de de toute mon équipe avec ma maniaquerie quand je suis en stress car j’accepte que l’autre soit différent de moi. Et c’est ok. Par contre ma gestion de projet est tip-top grâce à mon organisation.
Et là, il est très intéressant, lors de votre réponse au recruteur, de présenter ces 2 qualités en expliquant (rassurant ?) comment elles se complètent. Vous démontrez ainsi une bonne connaissance de votre fonctionnement, ce qui est rassurant pour la personne qui veut vous recruter.
Vous voyez que la préparation des qualités est aussi importante que celle de défauts ! Je vous en dis un peu plus dans cet article.
Comment présenter ses défauts en entretien ?
Déjà un défaut, c’est quoi ?
Ne confondez pas défaut et manque de compétence dans un domaine.
Un défaut est un trait de votre caractère ou de votre personnalité, qui pourrait être un frein pour la réussite dans ce poste. Par exemple, je suis introvertie.
Si vous dites : “Mon vocabulaire anglais est trop limité pour animer une réunion” ou “je ne maitrise pas bien les tableaux croisés dynamique excel”, ce sont des compétences (des manques de compétences en l’occurrence). Ce ne sont pas des défauts.
Le défaut ne doit pas être en total contradiction avec le poste.
Ne citez pas un truc rédhibitoire qui va bloquer votre interlocuteur. Genre je suis très timide pour un poste de commercial terrain.
Mais n’utilisez pas non plus une truc qui n’a rien à voir ! Ce défaut doit être en rapport avec le poste.
Exemple : “je suis très gourmande” ou “je n’ai pas le sens de l’orientation”. Ok, c’est genant pour faire Koh Lanta, mais quel lien avec un poste de responsable marketing ?
Le défaut doit être cohérent avec votre posture lors de l’entretien.
Donc votre défaut doit être réel. N’essayer pas de berner votre interlocuteur en lui vendant un défaut que vous n’avez pas. Les responsables RH savent détecter les traits de caractère et si votre recruteur se rend compte que vous le balader, l’effet est catastrophique.
Une bonne stratégie peut être d’ailleurs d’utiliser un défaut qui se voit lors de l’entretien : “je parle trop” devient je suis passionnée par ce que je fais et je me laisse parfois emporter.
Présentez votre défaut en faisant une phrase.
Le mot brut peut bloquer votre interlocuteur.
Mais évitez le “on dit de moi que….” Vous êtes un adulte qui s’assume, donc “je suis …comme ci….”
L’avantage de la phrase, c’est qu’elle vous permet de tempérer. Vous pouvez expliquer les points d’amélioration que vous mettez en oeuvre ou la qualité qui compense ce défaut. Vous pouvez aussi expliquer les formations que vous avez suivies pour palier ce défaut (ex : prise de parole en public, gestion de conflit).
par exemple : “je suis émotive” (on imagine la fille qui pleure dès que ça stresse), alors que “je fonctionne à l’émotion”, ça fait moins peur, c’est plus nuancé.
Surtout, ne vous excusez pas en présentant ce fameux défaut. Montrez que vous l’assumez.
Evitez le défaut qui arrange.
Celui qui devient une qualité au final. Les recruteurs en ont ras le bol de celui là. Ils ont l’impression qu’on les prend pour des quiches et c’est très désagréable ! Par exemple, “je suis parfois trop investie dans mes missions et je ne compte pas mes heures”.?
Reste humble et assumez qui vous êtes.
Cette question qualité/défaut n’est qu’une partie de votre entretien. Une fois que vous l’avez préparez, vous pouvez vous en servir à chaque entretien en adaptant au poste.
Ce n’est pas sur cette question que se décide votre avenir. Vous ne jouez pas votre vie en répondant à cette question, si vous l’avez correctement préparée. Le recruteur doit déjà avoir une appréciation sur votre adéquation au poste quand il pose cette question.
Et n’oubliez pas, avant l’entretien, on se détend. Facile à dire, oui, je sais. Je vous en parle ici.
Qualités et défauts en entretien à 50 ans : comment jouer la carte de l’expérience ?
Après 25 ou 30 ans de carrière, la question des qualités et défauts prend une dimension particulière. Vous avez beaucoup de matière — c’est un avantage. Mais vous pouvez aussi tomber dans quelques pièges spécifiques aux profils seniors.
Le piège de l’excès de modestie
Après des années à se mettre en retrait, à laisser la place aux plus jeunes ou à minimiser ses accomplissements, beaucoup de candidats de 50 ans ont du mal à se vendre. Résultat : des qualités molles, peu convaincantes, qui ne donnent pas envie.
Ce qu’il faut faire : ancrez chaque qualité dans un exemple récent et concret. Pas « je suis organisée » — mais « j’ai piloté la réorganisation d’un service de 12 personnes en 3 mois, zéro dérapage budgétaire ».
Le piège de l’expérience qui fait peur
À l’inverse, certains candidats seniors écrasent leur interlocuteur avec leur expérience. Le recruteur peut alors se demander si vous allez vous ennuyer, ou si vous allez tout remettre en question dès le premier mois.
Ce qu’il faut faire : montrez votre capacité d’adaptation et de curiosité. Une bonne qualité à valoriser à 50 ans : « je sais apprendre vite dans un nouveau contexte — j’en ai fait l’expérience à chaque prise de poste ».
Exemples de réponses formulées pour un profil senior
Exemple de qualité bien formulée :
« Je suis quelqu’un de très fiable dans la durée. Sur mon dernier poste, j’ai accompagné trois changements de direction en maintenant la continuité de l’activité — c’est quelque chose que mes équipes et ma hiérarchie ont toujours souligné. »
Exemple de défaut bien formulé :
« J’ai parfois du mal à déléguer, surtout sur des dossiers que je connais bien. C’est quelque chose dont j’ai pris conscience il y a quelques années — depuis, je m’impose de confier des missions complètes à mes collaborateurs, même si ça me demande un effort. Et honnêtement, les résultats m’ont souvent surpris positivement. »
Exemple de défaut reformulé en axe de progression :
« Je peux être directe dans ma façon de m’exprimer — certains apprécient, d’autres ont besoin d’un temps d’adaptation. J’y suis attentive, et j’ai travaillé ma communication managériale via une formation en écoute active il y a deux ans. »
Vous voulez aller plus loin dans la préparation de vos entretiens ? Je vous accompagne dans le cadre d’un coaching carrière ou d’un bilan de compétences — deux espaces pour clarifier ce que vous avez vraiment envie de mettre en avant, et comment le dire.
Questions fréquentes sur les qualités et défauts en entretien
Combien de qualités et de défauts faut-il citer en entretien ?
En général, 2 à 3 qualités et 2 à 3 défauts suffisent. L’objectif n’est pas l’exhaustivité mais la pertinence. Mieux vaut deux qualités bien illustrées par des exemples concrets qu’une liste de six qui ne dit rien de vous. Pour les défauts, deux bien assumés et présentés comme axes de progression valent bien mieux que trois « défauts qui sont en fait des qualités » — les recruteurs n’y croient plus.
Peut-on dire "je suis perfectionniste" comme défaut en entretien ?
C’est possible, mais risqué — c’est la réponse la plus entendue et la plus décriée par les recruteurs. Si c’est vraiment votre défaut, assumez-le avec un exemple concret et montrez ce que vous faites pour le tempérer. Sans exemple et sans nuance, cette réponse donne l’impression d’esquiver la question.
Comment présenter un défaut sans se saborder ?
En trois temps : nommez le défaut clairement, expliquez dans quel contexte il se manifeste, et montrez ce que vous faites concrètement pour l’atténuer ou le compenser. C’est cette troisième partie — les actions mises en place — qui rassure le recruteur. Elle prouve votre capacité d’introspection et votre envie de progresser.
À 50 ans, quelles qualités mettre en avant en entretien ?
Misez sur ce que l’expérience vous a vraiment appris : fiabilité dans la durée, capacité à prendre du recul, gestion de situations complexes, transmission des savoir-faire, adaptation aux changements organisationnels. Ancrez chaque qualité dans un exemple récent — pas dans « quand j’avais 35 ans ». Et montrez votre curiosité et votre capacité d’adaptation : c’est souvent ce que les recruteurs veulent vérifier avec un profil senior.
Le recruteur peut-il poser la question différemment ?
Oui, souvent. « Quels sont vos points forts et vos axes de progression ? », « Comment vous décrirait votre manager ? », « Qu’est-ce qui vous a été reproché dans votre carrière ? » — ce sont toutes des variantes de la même question. La préparation est la même : connaissance de soi, exemples concrets, posture adulte et assumée.
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Crédit photo : Photographer:Alexey Sokolov
Photo by Katarzyna Kos on Unsplash




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