Manque de reconnaissance au travail : le guide pour y remédier

par | Mis à jour le 26/09/2023 | Publié le 20/04/2023

Lors de mon premier contact avec une cliente, un souci revient quasi-systématiquement : le manque de reconnaissance. Ce sentiment que ce que vous faites n’est pas vu ou pas reconnu à sa juste valeur. L’impression d’en faire plus que d’autres collègues, sans qu’il y ait plus de retours.
Il y a plusieurs conséquences à ce manque de reconnaissance, qui peuvent d’ailleurs se manifester en même temps !
– le sur-investissement : puisqu’on ne voit pas ce que je fais, je vais en faire encore plus (quitter encore plus tard, par exemple) dans l’espoir inconscient que cet excès soit enfin vu et reconnu.
– la démotivation : quoi que je fasse, beaucoup ou peu, bien ou mal, il ne se passe rien, donc je n’y crois plus, je n’ai plus envie.

C’est un terreau très fertile pour le malêtre au travail et le burn out. Il mélange la culpabilité d’avoir besoin qu’on nous dise que c’est bien et des vieux programmes « bonne cocotte » hérités de notre éducation et de l’école. C’est un sujet important dans notre vie professionnelle, qui peut, s’il est mal traité, conduire à des situations de grande souffrance. Quand un besoin n’est pas satisfait positivement, il nous arrive le chercher à le satisfaire de façon négative.

Dans cet article, je vous propose de voir :

De quoi parle-t-on quand on évoque la reconnaissance au travail ?

Besoin de reconnaissance et culpabilité

Les deux sources de reconnaissance

Comment obtenir plus de reconnaissance au travail ?

Françoise Bourgouin - coaching carrière - bilan de compétences

La reconnaissance au travail : de quoi parle-t-on ?

J’aime bien revenir à la définition du dictionnaire. C’est définitivement une source fiable et inspirante. Comme souvent pour un nom, notre ami Robert nous renvoie au verbe, car il nous dit :

« Reconnaissance : Action de reconnaître quelqu’un ou quelque chose »

Donc, sagement, on regarde ce qu’il propose pour « reconnaitre« . Et là, on trouve quatre acceptions qu’on peut résumer ainsi :

      • Juger quelqu’un,
      • Identifier quelqu’un
      • Accepter quelque chose,
      • Compter quelque chose à l’actif de quelqu’un

Enfin de quoi réfléchir un peu plus. On mesure à quel point cette reconnaissance peut être alimentée de nombreuses manières (intéressant ! ).

Si l’on se place dans un cadre professionnel, puisque le propos de cet article, c’est la reconnaissance au travail, et que l’on reprend les éléments de la définition.

Juger quelqu’un : 

C’est une première forme de reconnaissance. Celle de l’école, entre autre, pour laquelle nous sommes bien programmées et qui a comme super pote : le “regard des autres” (est-il bleu, vert, marron, gris ou noir ? On ne parle jamais de la couleur du regard des autres. De là à penser qu’il n’existe pas …)  Dans la vie professionnelle, ce jugement apparait lors de l’entretien annuel. Il se traduit par un salaire (ce que je vaux ?)

Identifier quelqu’un :

c’est le fait d’être vue, que votre travail, vos réalisations, votre investissement soient identifiés, à la fois comme existant, mais comme étant votre œuvre.

Accepter quelque chose :

on peut le comprendre avec deux sens différents : accepter ce que je suis, accepter que l’autre soit différent de moi.

Compter quelque chose à l’actif de quelqu’un : 

c’est-à-dire être créditée pour ce qu’on a fait. Comme sous les photos d’un article, vous retrouvez le nom du photographe.

On voit qu’il y a 4 axes sur lesquels on va pouvoir aller travailler pour nourrir notre besoin de reconnaissance. Ce qui est chouette, c’est que ça nous laisse de la marge. S’il y a un axe où vous n’êtes pas trop à l’aise, il reste les 3 autres.

Manque de reconnaissance au travail et culpabilité

Besoin de reconnaissance et genre

Je suis convaincue que les femmes ressentent plus ce besoin de reconnaissance que les hommes. C’est une théorie personnelle et absolument pas documentée !  Mais notre éducation des années 70/80 nous incite à attendre gentiment qu’on viennent nous dire que c’est bien, à être sage et calme (silencieuse ?). Obtenir de la reconnaissance n’était pas une matière à l’école. Alors chacune fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle est, son histoire de vie et ses ressources.

Le cas de la bonne cocotte

J’ai toujours eu un fort besoin de reconnaissance. Je pense que ça fait partie du package « bonne cocotte » ! (il y a certainement d’autres origines, mais dans mon cas, c’est celle-là). Vous savez cette bonne élève pour qui les notes définissaient ce qu’elle était. Une fois qu’elle a grandi, elle conserve ce besoin de validation extérieure, c’est-à-dire qu’on lui dise que c’est bien. Le souci, c’est que si cette appréciation ne vient pas (par exemple, si le N+1 ne dit rien), elle risque de pousser le curseur au-delà de ce qui est raisonnable en termes d’investissement, d’énergie et d’abnégation. Puisque le besoin de reconnaissance n’est pas nourri positivement par un « c’est bien », la bonne cocotte va chercher à le satisfaire négativement.

La reconnaissance  : besoin vital ?

J’ai eu longtemps beaucoup de culpabilité d’avoir besoin de reconnaissance. Je voyais cela comme une faiblesse inexcusable. Et j’imaginais que les gens “forts” et successfull n’avaient pas besoin de cette reconnaissance pour avancer dans la vie. Héritage d’une éducation un chouille “marche ou crève”.

Et puis, en faisant des recherches sur un tout autre sujet, je suis tombée sur des articles relatant des expériences horribles du 18ᵉ siècle. Une époque bénie où mener des expériences sur des enfants était normal, voire nécessaire (pas leur faute, ils ne connaissaient pas Françoise Dolto).

Si vous ne connaissez pas l’expérience de Frédéric II de Prusse (un copain de Voltaire), je vous raconte vite fait. Cet empereur, à qui on ne pouvait rien refuser vu qu’il était empereur, voulait connaitre la langue d’Adam et Eve. Il se demandait quelle langue parlerait des personnes qui n’en auraient apprise aucune. Il a mené l’expérience sur des bébés auxquels on prodiguait les soins nécessaires pour qu’ils soient nourris et propres, mais personne ne leur parlait. Résultat, ils sont tous morts.

Depuis, d’autres personnes se sont intéressées au sujet avec des expériences un peu moins traumatisantes, mais qui arrivent aux mêmes conclusions. La reconnaissance est un besoin vital au même titre que le sommeil, l’eau ou l’air.

Donc, ce n’est pas une faiblesse d’en avoir besoin. OUF ! Je peux déjà m’alléger de cette culpabilité-là !

Maintenant que ça c’est fait, allons voir comment faire pour nourrir positivement ce besoin vital.

Les deux sources de reconnaissance au travail

On a vu qu’il y avait 4 axes sur lesquels travailler pour alimenter notre besoin de reconnaissance. Et bien, on va ajouter à cela 2 sources possibles (pour les 4 axes ! ) :

1 – La source interne (vous) :

Ce que vous vous reconnaissez comme talents, qualités et compétences. Ce qui sous-entend que vous en avez conscience, que vous savez les nommer et que vous vous accordez des temps de célébrations pour vos réussites petites ou grandes (non, ce n’est pas prétentieux 😉

La première étape est de vérifier que cette source de reconnaissance est bien opérationnelle. Si je reviens à mon package « bonne cocotte », c’est rarement un truc qu’elle a appris à l’école. Si je me prends comme exemple, cette source a longtemps été tarie, car j’assimilais cela à de la prétention, de l’égoïsme ou je ne sais quel autre qualificatif moche et autocentré.

Dans quelles circonstances vous accordez-vous de la reconnaissance ?

 

2 – La source externe (les autres que vous 😉

Cette source va être constituée des retours que vous font les personnes autour de vous sur vos réalisations et vos actions. Sur les feedbacks au travail, j’ai un article sur le blog ici.

C’est, très souvent, la première chose à laquelle vous pensez quand vous parlez de manque de reconnaissance : le manque de retours positifs sur ce que vous faites.

 

Est-ce que vos 2 sources fonctionnent ?

Quel est votre niveau de satisfaction pour chacune d’elle ? (entre 0 et 10)

manque de reconnaissance au travail - françoise bourgouin coaching et bilan de compétences

Comment améliorer le flux de reconnaissance au travail ?

Si vous arrivez à la conclusion qu’une de vos deux sources (ou les 2 !) ne délivrent par un flux suffisant pour vous sentir bien, vous allez pouvoir travailler à l’augmenter.

Si vous avez tout bien suivi, on avait 4 axes et 2 sources, sur lesquels je vous propose de d’agir soir sur la quantité, soit sur la qualité (vous êtes toujours là ?).

Je vous donne des exemples concrets.

 Les ⭐ vous donnent une idée du degré de difficulté, évalué par moi toute seule, donc discutable ! 

Axe 1 : Juger – évaluer

Source interne

Définir des indicateurs objectifs (factuels, chiffrés…) pour évaluer ce que vous faites et définir quand VOTRE satisfaction est atteinte. ⭐⭐⭐(tant que l’objectif n’est pas défini, on ne sait pas quand il est atteint et le risque de surmenage pointe son nez).

Par exemple si vous avez une to do liste de 20 tâches, vous pouvez décider qu’aujourd’hui l’objectif est d’en achever trois. En fin de journée vous rayez fièrement les 3 lignes, en ayant un sentiment d’accomplissement et de réussite, plutôt que de vous dire qu’il en reste encore 16 à faire  !

Rq importante : Évaluer objectivement le temps que prennent vos tâches pour ne pas surcharger vos to do list.

 

Source externe

Demander un retour argumenté à votre boss ou vos collègues sur des points précis de votre travail. ⭐⭐

Exemple : Ne demandez pas simplement si c’est ok, mais posez des questions précises sur le fond, la forme, une façon d’aborder le sujet, un détail.

 

Axe 2 : Identifier – être vue

Source interne

Prendre un temps pour voir ce que vous avez réalisé :

  •  l’écrire et le rayer sur une to do list  – ⭐
  • respirer, le dire à haute voix en souriant devant ma glace (plus qualitatif) – ⭐⭐

 

Source externe

Se rendre visible en réunion en parlant de ce que vous avez fait sans penser que c’est évident, normal et que tout le monde le sait… ⭐⭐

Évoquer les difficultés rencontrées et comment vous y avez apporté des solutions. 

Lister vos réalisations au fil de l’année ainsi que les éléments dont vous êtes fières (pourquoi pas dans un joli carnet !), sinon vous allez oublier et vous ne saurez plus en parler à votre entretien annuel.

Axe 3 : Accepter

Source interne

Vous accepter inconditionnellement ⭐⭐⭐⭐ ou commencer par voir les qualités que vous avez et à quel moment elles vous sont les plus utiles ⭐⭐

Avec le temps et le stress, vous ne voyez plus qui ne va pas. Difficile de prendre assez de recul pour faire remonter en conscience vos qualités, forces et ressources. C’est à cela que sert l’accompagnement (le bilan de compétences par exemple)

Source externe

Accepter que l’autre fonctionne différemment de vous et trouver le bon canal de communication pour qu’il réponde à vos attentes en termes de reconnaissance ⭐⭐

Un bon outil pour progresser dans ce domaine est l’inventaire de personnalité Process communication Model . Il vous permet de mieux connaitre vos modes de communication privilégiés et vos besoins. Vous pouvez également comprendre les besoins de chaque type de personnalité pour améliorer la qualité de votre communication.

Axe 4 : Créditer

Source interne

Prendre du temps pour relire vos réalisations et ancrer les compétences que vous avez utilisées (imaginez un générique de fin avec votre nom en face de chaque action) ⭐⭐

Source externe

Arrêter de dire “de rien”, utiliser “je” au lieu de “on” quand c’est vous qui avez tout fait ! ⭐

En résumé, ne minimisez pas vos réalisations. La plupart du temps, on le fait inconsciemment au travers de réponses quasi automatiques. Mais notre cerveau et celui de notre interlocuteur intègre ces bémols qui retirent du crédit à vos actions.

Alors faites leur la chasse et modifiez vos expressions, par exemple : 

De rien -> Avec plaisir

Ma petite présentation -> Ma présentation

J’ai eu de la chance -> J’ai bossé et obtenu des résultats

Je suis désolée –> à bannir de votre vocabulaire

Oui bien sur ->  Je regarde dans mon agenda et je te rappelle

Maintenant, à vous de constituer votre liste en vous inspirant de ces exemples. En parallèle, vous surveillez vos deux jauges de reconnaissances et vous pourrez ainsi mesurer l’impact de vos expériences.

Comme d’habitude, allez-y à petits pas, il est normal de rechuter de temps à autre. L’important est de faire bouger votre regard sur vous, document, mais surement pour obtenir le niveau e reconnaissance dont vous avez besoin pour aller bien..

 

 

Vous pouvez aussi vous servir de tous les éléments de cet article pour savoir comment donner de la reconnaissance aux gens autour de vous. N’oubliez pas que votre manager est un être humain (si, si !) et que lui/elle aussi a besoin de reconnaissance sur son travail. Lui faire un retour argumenté de temps en temps peut être une façon de lui montrer ce que vous attendez de sa part (ça ne fonctionne pas toujours, mais ça se tente).

Mais d’après ma longue expérience de « bonne cocotte », les personnes qui manquent de reconnaissance au travail ne sont pas avares pour en donner. Il est donc vraisemblable, si vous êtes arrivées à la fin de cet article, que ce ne soit pas sur la reconnaissance des autres que vous ayez besoin de mettre le plus d’énergie !

Prenez soin de vous et reconnaissez-vous ! 

Françoise Bourgouin - coaching de carrière

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