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Maintien dans l’emploi des seniors : ce que dit la loi en 2026

Publié le 29 Mar, 2026
Mis à jour le

Vous gérez des équipes où plusieurs collaborateurs approchent la soixantaine. Vous entendez parler de la loi seniors, de l’index, du CVE… mais entre les textes juridiques et la réalité de votre quotidien RH, il y a souvent un fossé.

Voici un tour d’horizon clair et opérationnel de ce que dit la loi en 2026 — et surtout, de ce que ça implique concrètement pour vous.

Ce qui a changé : la loi du 24 octobre 2025

La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 a transposé en droit du travail trois Accords Nationaux Interprofessionnels (ANI), dont un spécifiquement dédié à l’emploi des salariés expérimentés. Elle est entrée en application en 2026 et impose aux entreprises de revoir en profondeur leurs pratiques de gestion des fins de carrière.

Pourquoi cette loi maintenant ? Parce que la France accuse un retard significatif sur l’emploi des seniors. Seuls 60,4 % des 55-64 ans travaillent en France — et ce taux chute à 38,9 % pour les 60-64 ans, bien en dessous de la moyenne européenne de 51 %. Le signal est clair : l’emploi des seniors n’est plus une option, c’est désormais un axe structurant du droit social.

Les 4 obligations clés pour les employeurs en 2026

1. La négociation obligatoire sur l’emploi des seniors

Qui est concerné : les entreprises de 300 salariés et plus.

Ces entreprises doivent désormais ouvrir une négociation collective sur l’emploi des salariés expérimentés tous les quatre ans. Cette négociation doit obligatoirement porter sur quatre thèmes :

  • le recrutement des salariés expérimentés ;
  • leur maintien dans l’emploi ;
  • les aménagements de fin de carrière (temps partiel, retraite progressive…) ;
  • la transmission des savoirs (mentorat, tutorat, mécénat de compétences).

Le risque en cas de non-respect : une pénalité financière sur les cotisations patronales de retraite pour les entreprises sans accord ni plan d’action. La sanction est modulée selon les efforts réels fournis et vérifiée via l’index senior.

Pour les entreprises de moins de 300 salariés : la démarche reste facultative, mais les plans d’action de branche peuvent s’y appliquer. Anticiper reste une bonne pratique — et un levier de fidélisation.

2. L’entretien de parcours professionnel avant 60 ans

Qui est concerné : toutes les entreprises, sans seuil d’effectif.

L’entretien professionnel a changé de nom et de nature. Il s’appelle désormais « entretien de parcours professionnel » depuis le 26 octobre 2025. Sa périodicité passe de tous les 2 ans à tous les 4 ans, avec un entretien récapitulatif tous les 8 ans.

Mais la nouveauté la plus importante : toutes les entreprises doivent organiser un entretien spécifique dans les deux années précédant le 60e anniversaire de chaque salarié.

Cet entretien doit obligatoirement aborder :

  • les conditions de maintien dans l’emploi (adaptation du poste, horaires, télétravail) ;
  • les possibilités d’aménagements de fin de carrière (temps partiel, retraite progressive, CPF, compte épargne-temps) ;
  • la transmission des compétences et les souhaits d’évolution.

Le risque en cas d’oubli : pour les entreprises de 50 salariés et plus, l’absence de cet entretien peut entraîner un abondement correctif au CPF du salarié de 3 000 € — à la charge de l’employeur — ainsi que des contentieux prud’homaux.

3. L’index senior

Qui est concerné : les entreprises de 1 000 salariés et plus dès 2026.

Sur le modèle de l’index égalité femmes-hommes, l’index senior impose un suivi chiffré et une publication d’indicateurs sur :

  • le taux d’emploi des plus de 55 ans ;
  • la pyramide des âges ;
  • les flux d’entrées et de sorties de cette tranche d’âge.

Le défaut de publication expose à des risques financiers et à des contentieux collectifs, notamment à l’initiative des organisations syndicales.

4. La retraite progressive dès 60 ans

Qui est concerné : tous les employeurs.

La retraite progressive est désormais accessible dès 60 ans (contre 62 ans auparavant). Elle permet au salarié de travailler à temps partiel tout en percevant une fraction de sa pension de retraite.

Point important : un refus de l’employeur doit désormais être précisément justifié. Ce n’est plus un droit discrétionnaire — c’est une transition encadrée que vous devez être en mesure de motiver si vous la refusez.

Le CVE : un nouveau contrat pour recruter des seniors

La loi crée également le Contrat de Valorisation de l’Expérience (CVE), un CDI expérimental valable jusqu’au 25 octobre 2030.

Il est destiné aux demandeurs d’emploi inscrits à France Travail, âgés d’au moins 60 ans (ou 57 ans si un accord de branche le prévoit), n’ayant pas travaillé dans l’entreprise ou le groupe depuis au moins 6 mois, et ne percevant pas encore de retraite à taux plein.

Ce que ça change pour l’employeur :

  • sécurité juridique sur la fin du contrat ;
  • accès à des profils très expérimentés ;
  • exonération de 30 % sur les cotisations patronales de retraite pour l’indemnité de départ (jusqu’au 31 décembre 2028).

Ce dispositif est encore peu connu et peu utilisé — ce qui en fait une opportunité réelle pour les entreprises qui cherchent à intégrer des profils seniors expérimentés avec un cadre juridique sécurisé.

Ce que ça implique concrètement pour votre organisation

Au-delà de la conformité réglementaire, cette loi invite les entreprises à repenser leur gestion des âges. Voici les actions prioritaires à engager :

Faire l’inventaire de vos collaborateurs proches de 60 ans. Identifiez ceux qui n’ont pas encore eu leur entretien de parcours avant 60 ans — c’est l’urgence immédiate pour éviter les sanctions CPF.

Former vos managers à conduire ces entretiens. Un entretien de fin de carrière bien conduit n’est pas un entretien comme les autres. Il touche à l’identité professionnelle, à la question du sens, parfois à des situations d’usure ou d’épuisement. Vos managers ont besoin d’outils pour l’aborder avec justesse.

Anticiper les départs et les transmissions. La perte de compétences clés lors des départs seniors est souvent sous-estimée. Mentorat, tutorat, mécénat de compétences : ce sont des dispositifs concrets à mettre en place avant que l’urgence ne s’impose.

Engager le dialogue social si vous êtes à 300 salariés ou plus. La négociation quadriennale sur les seniors n’est pas qu’une obligation : c’est une opportunité de formaliser une politique RH cohérente, visible, et valorisante pour vos collaborateurs expérimentés.

Et si votre entreprise est en dessous de 300 salariés ?

Les obligations directes sont moins lourdes — mais la question reste stratégique. Les salariés seniors représentent souvent une part significative de vos compétences clés. Leur maintien, leur engagement et leur transmission de savoirs conditionnent directement votre performance à moyen terme.

Le bilan de compétences est l’un des outils les plus efficaces pour accompagner un collaborateur senior en questionnement professionnel — que ce soit pour sécuriser son maintien dans le poste, préparer une mobilité interne ou construire une transition de fin de carrière sereine. Il peut être financé par l’OPCO de votre branche ou via le CPF du salarié.

Si vous souhaitez réfléchir à la mise en place d’un accompagnement adapté pour vos collaborateurs seniors, je suis disponible pour un premier échange.

Parlons-en ensemble →

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FAQ : Questions fréquentes sur l’emploi des seniors en 2026.

La loi seniors 2026 s'applique-t-elle à toutes les entreprises ?

Non. Les obligations les plus structurantes — négociation obligatoire et index senior — concernent les entreprises de 300 salariés et plus. En revanche, l’entretien de parcours professionnel avant 60 ans est obligatoire pour toutes les entreprises, sans seuil d’effectif. Les entreprises de moins de 300 salariés peuvent s’appuyer sur les plans d’action de leur branche professionnelle.

Quelle sanction si on oublie l'entretien avant 60 ans ?

Pour les entreprises de 50 salariés et plus, l’absence de cet entretien entraîne un abondement correctif au CPF du salarié de 3 000 €, à la charge de l’employeur. Des contentieux prud’homaux sont également possibles.

Qu'est-ce que le CVE — Contrat de Valorisation de l'Expérience ?

C’est un CDI expérimental créé par la loi du 24 octobre 2025, destiné aux demandeurs d’emploi de 60 ans et plus (ou 57 ans selon accord de branche). Il offre à l’employeur une sécurité juridique sur la fin du contrat et une exonération de 30 % sur les cotisations patronales de retraite pour l’indemnité de départ, jusqu’au 31 décembre 2028.

La retraite progressive est-elle vraiment devenue un droit pour le salarié ?

Pas tout à fait un droit absolu, mais presque. Depuis 2026, elle est accessible dès 60 ans et un refus de l’employeur doit être précisément justifié. L’employeur ne peut plus simplement s’y opposer sans motif légitime explicite.

Comment financer l'accompagnement de mes collaborateurs seniors ?

Plusieurs leviers existent : le CPF du salarié (pour le bilan de compétences notamment), le plan de développement des compétences de l’entreprise, et les fonds de votre OPCO (Opérateur de Compétences). Un premier échange avec votre OPCO ou un consultant spécialisé permet d’identifier rapidement les dispositifs mobilisables.

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